Vendredi 22 octobre 2010 à 13:17

Il est toujours aussi intéressant de noter la révulsion de l'écrasante majorité de la population de ce pays envers la violence des "casseurs" dans les manifestations alors qu'elle accepte (surtout) plus (et pas trop) moins la violence des forces de répression à l'égard des manifestants, avec à la clef un florilège d'arguments à la con qu'ils défendent mordicus, débordant d'une citoyenneté nauséabonde et faisant apparaitre les réactionnaires qu'ils peuvent être.

Mais avant cela il faut d'abord que j'explique ma position personnelle. Je suis un pacifiste.

Ca va, arrêtez de rigoler.

Cela vous parait stupide après ce premier paragraphe ? Totalement contradictoire même ? Je ferai bien un article sur les méfaits de la pensée binaire un de ces jours.

Être pacifiste contient plusieurs significations, je ne m'arrêterai que sur la mienne : pacifiste n'a jamais voulu dire passif. Autrement dit, je préfèrerai toujours qu'une manif' soit un lieu de vie, de danse, de chants, de joie et d'amour plutôt qu'un débordement sanglant. Malheureusement quand la salope policière s'y met, elle s'y met, et ceux qui démentent avec véhémence sont souvent les derniers présents dans ces situations. Lorsqu'un flic m'agresse et m'attaque, il ne faut pas qu'il s'attende à ce que je me rende pacifiquement à lui en psalmodiant des slogans pacifistes. Ceux qui le font doivent sûrement trouver ça courageux et intelligent, pour ma part c'est juste idiot de se laisser choper et matraquer pour apparaître en martyr. On est pas des victimes putain, sinon on va pas arrêter de se comporter comme tels. Quand un flic t'attaque, barre-toi ou réponds, mais te laisse pas arrêter.

Vous seriez surpris de ce qu'on peut leur faire, aux keufs.

Quand eux aiment nous balancer leurs grenades lacrymogènes, nous on peut filer un coup de gazeuse dans les yeux d'un bacqueux qui s'approche d'un peu trop près.
Ils savent aussi bien que nous qu'un lance-patates n'a rien à envier à un flashball, sinon la portée.
Leurs barrières ne valent rien face aux poubelles, scooters, voitures, crâmées s'il le faut, ça réchauffe et ça embellit une scène.
Les flics aiment bien choper un manifestant à trois ou quatre. Ils aiment moins quand y en a quinze qui viennent le récupérer par la suite.

Pas des victimes.

Il n'empêche, il n'y a que les gros rassemblements qui peuvent permettre cette force, ainsi qu'une bonne détermination générale, sinon c'est le carton assuré. Bien souvent, c'est juste le jeu du chat et de la souris, la routine, celle que les flics et les "casseurs" apprécient tout les deux parce que ça permet de s'entraîner, tout simplement. Oui, ça en est là en France.

Mais on s'entraîne pour quoi ?

La violence donc. On accorde aux policiers le droit de tirer, gazer, humilier et tabasser entre autres, on leur accorde cela parce que tout le monde le sait, même si tout le monde se voile la face. Et tout ça, simplement parce que cette violence provient de l'Etat. En quoi serait-elle plus acceptable pour autant ?

Alors maintenant, expliquez-moi en quoi la vitrine qui vient d'être pétée, l'abribus démonté, est-il une violence comparable à la violence policière ? A la violence d'un système capitaliste qui affame les 3/4 de notre planète et enrichit les comptes du quart restant à défaut de sa population. C'est quoi, par rapport à la violence des guerres et des haines que déclenche ce même système ?

Et toi, avec ta grande gueule de citoyen bouffi de morgue, tu viens m'emmerder parce qu'y a une vitrine brisée ? Mais putain, dans quelle réalité tu vis ?

Tu préfères le dialogue à la violence peut-être ? Comme je te comprends. Mais avec qui tu veux dialoguer ? Qui nous écoute ? Qui nous écoute alors que les députés s'assurent leur régime des retraites tout en détruisant le note ? Qui nous écoute alors que certaines entreprises sont plus riches que la plupart des pays d'Afrique ? Ton dialogue est factice, il n'existe pas. L'heure est à l'individualisme et à la prise de risque, pas à la concertation ni à l'effort collectif.

La vitrine pétée, ça secoue la police, le franchouillard et libère notre frustration. C'est une attaque contre le système et c'est pour cela que les médias te gavent des casseurs depuis des jours et des jours. Faut surtout pas que tu comprennes le truc.

Et parler de violence contre quelque chose qui n'est qu'un objet, ça m'a toujours énervé. C'est le vivant qui importe.

 

Jeudi 2 septembre 2010 à 20:17

Une expression catalane résume parfaitement à quel point il est difficile de trouver la vérité : "Après une inondation, la première chose qui manque, c'est l'eau potable." Dans le flot des informations, comment comprendre ce qui se passe ? Celui qui cherche de l'eau potable est bien obligé de se demander ce que vaut l'eau qu'il a trouvée. Que vaut la vérité dans ce pays ? Où la trouver ?

 On me dit souvent : "mais comment se fait-il que tu ne sois obsédé que par le sang, par la férocité ?." En réalité, il n'en est pas ainsi : je crois que quiconque a au fond du coeur une conception de ce que sont la beauté, la possibilité de vivre libre et d 'aimer, ne supporte pas la puanteur du compromis, la corruption, la dévastation de sa propre terre.

 Roberto Saviano.

 Et comme on dit chez nous, veig aixo mal empallat !

Jeudi 25 février 2010 à 19:45

Are you afraid by this ?


http://ambre.cowblog.fr/images/emeutes1229345212.jpg

Well, I'm not because...

http://ambre.cowblog.fr/images/riotfrance.jpg

... we need the Riot.

http://ambre.cowblog.fr/images/0507paris2wideweb470x3320.jpg
To end this fuckin' civil war.

http://ambre.cowblog.fr/images/civilwar.jpg

Résultats 37 à 54 sur un total d'environ 1 670 000 pour french riot (0,30 secondes)


 

Mercredi 17 février 2010 à 2:35

 
"MAIS POURQUOI ILS FONT CA PUTAIN ? C'EST DES SALAUDS... POURQUOI ILS NOUS ONT FAIT CA ?! QU'EST-CE QU'ON FAIT LA ?!"

Voilà ce que me dit L. cramponnée à moi comme si elle allait tomber dans le vide, les yeux rougis par la saloperie qui traine dans l'air et les pleurs. Elle est terrorisée. Ca y est, elle n'est plus vierge, elle vient de se retrouver pour la première fois face aux porcs.

*
 
J. titube, je le pensais pas si bourré. En fait, je pensais même qu'il ne l'était pas du tout. Il faut deux secondes aux premiers d'entre nous pour comprendre que ça y est, "ils" ont commencé à nous gazer. J. tombe, se relève et veut buter tous ces enculés. Lui non plus ne comprends pas pourquoi, il veut juste se venger. Il faut le plaquer au sol pour lui faire entendre raison mais rien n'y fait, il se relève et se précipite. 

C'est le moment qu'ils choisissent pour charger.


*
 

- ASSASSINS !
- ENCULES !
- VOUS  ÊTES DES BÂTARDS, DES BÂTARDS IMMONDES !

 

*
 

Presque impossible d'y voir. La nuit est jaune, fait pleurer et tousser. L'écharpe commence à laisser passer le gaz mais il faut absolument sortir ceux qui sont tombés dans cette purée de pois. Mais je suis humain, je sais très bien que si je me barre pas maintenant je risque de me retrouver nez à nez avec ces connards, matraque et trique bien visible. Mais si je pars, qu'est-ce qui arrivera à ceux qui crachent leurs tripes ? Alors je m'engage, et je ne vois plus rien, je me laisse guider par les cris. 
 

*

 

 

B. me rejoint et m'aide à porter un pauvre bougre, on l'installe, des gens viennent prendre le relai. B. me tend une bouteille de rosée : je soupire et prend quelques gorgées. Ca ne fait qu'une demi-heure, et nous sommes déjà moitié moins nombreux.
 

*

Baqueux et CRS nous suivent inlassablement, ils se préparent pour une énième charge. On se remet à danser pour les décourager, les faire sourire, les rendre humains. J'irai presque embrasser les fliquettes tiens, je préfèrerai mille ça fois à une autre charge. Les côtés sont remplis de gens blessés.

*


Ca crie de peur et de rage, ça pleure. Le projectile explose à un mètre de nous, je me prends quelque chose dans la jambe. Le gaz s'échappe, B. se prend une flashball. Les gens derrière nous sont tétanisés et ne reculent pas assez vite.
 

*
 

Je cours car j'ai le Diable aux trousses. "Elle" est à côté de moi, rencontre éphémère née de la fuite . Elle tombe et crie. Dans d'autres circonstances je lui aurai tendu la main avec un sourire mais là, je la tire brusquement et la relève, l'attrape fermement par la main pour fuir l'odeur de mort. Il y a dans ce contact plus de courant, de passion et de compréhension que toutes les fois où j'ai tenu la main à une fille réunies. Un pur élan d'Amour réciproque, presque vivant, qui prend le pas sur la peur et contrairement à ce qu'on peut croire, fait courir plus vite. D'autres tirs, je ne vois plus grand chose. Un obstacle, nos mains se séparent et nous nous regardons pour la première fois un bref instant. Et puis elle disparait, à moins que ce soit moi, mais ce n'était vraiment pas le moment et l'endroit pour faire plus ample connaissance.
 

*


Nous sommes encore une centaine, j'ai perdu les autres, il n'y a plus que B. avec moi.


*

Ceux qui marchent à côté de nous sanglotent ou ruminent de sombres pensées. Les autres dansent et chantent pour conjurer le sort.

 

*

1h30 d'affrontements, nous sommes une cinquantaine et dressons des barricades sur notre passage pour ralentir au mieux la progression de la flicaille.


*

Il est minuit et notre groupe s'est considérablement réduit, à tel point que le nombre est favorable aux flics. Ces derniers le savent et s'en donnent à coeur joie, ils tirent avec leurs flashball comme sur des lapins et tiennent vraiment à apporter une solide contribution de gaz merdique dans l'atmosphère. L'ambiance est presque surréaliste, tous masqués ou déguisés nous avançons dans la brume jaunâtre, tels des fantômes. Fourbus, courbaturés, usés, asphyxiés.

Nous débarquons sur le Boulevard C., B. est toujours avec moi, je lui dit que je pense que ce sera la dernière et qu'on a intérêt à se casser vu le peu que nous sommes maintenant. Il acquiesce, lui aussi c'est sa première fois et il préfère s'en remettre à moi. J'espère que la chance ne tournera pas.

La manoeuvre était superbe : des deux rues à gauche et droite du boulevard sont sortis une cinquantaine de CRS tout frais et suréquipés. De cet instant je ne me rappelle qu'une longue et éreintante course ininterrompue sans même un regard en arrière. Nous étions alors six visibles, deux ont continué tout droit et nous nous avons pris une petite rue. Nous n'avons vu passer personne d'autre après nous. J'avais envie de savoir si E., la motivée, s'en était sortie sans dommages. Je voulais avoir des nouvelles de L. et J., et de P. aussi, de tous les autres. 
 

*

B. et moi prenons des chemins détournés pour retourner à notre point de départ. Il pleut.
 

Epilogue.


Il ne s'agit pas d'héroïsme, il ne s'agit pas d'une tragédie. Je suis rentré il y a une heure environ. Je n'ai pas eu peur ni ai été choqué plus que de raison ce soir, parce que ce n'est pas la première fois que je me retrouve dans une telle situation. Mais ce soir, des personnes que j'aime ont découvert pour la première fois la dure réalité des violences policières. Ils étaient scandalisés par ce qu'ils lisaient sur des exactions policières, mais ce soir ils étaient dans mes bras, pleurant et agités de convulsions. Ce soir je les ai vus gazés, blessés, humiliés, terrorisés, incapables de comprendre ce qui motivait un tel déchaînement de violence. Je suis heureux qu'ils aient perdus leurs dernières illusions sur les forces de répression, mais tout mon coeur pleure la manière dont ils ont du l'apprendre. J'espère qu'ils en ressortiront plus forts.

Nous n'étions pas au G20, nous n'étions pas à Davos, nous n'étions pas à Dresde. Nous étions à Montpellier, ce soir, pour le carnaval de nuit. Nous avons fait la plus belle fête dans toute la ville pendant trois heures.

Les deux autres heures ? Nous avons pleuré, même si les larmes ne coulaient pas forcément.





 

 

Mercredi 10 février 2010 à 19:42

Mon espèce s'égare, l'esprit qui surchauffe
Les gens se détestent, la guerre des égos
XXIème siècle, cynisme et mépris
Non-respect de la Terre, folie plein les tripes
Frontières, barricades, émeutes et matraques
Cris et bains de sang, bombes qui éclatent
Politique de la peur, science immorale
Insurrection d'un peuple, marché des armes

Nouvel ordre mondial, fusion de terreur
L'Homme est l'animal le plus prédateur
Le système pue la mort, assassin de la Vie
A tué la mémoire pour mieux tuer l'avenir
Des disquettes plein la tête, les sens nous trompent
Le troisième œil ouvert car le cerveau nous ment
L'être humain s'est perdu, a oublié sa force
A oublié la lune, le soleil et l'atome

Inversion des pôles, vers la haine se dirige
A perdu la raison pour une excuse qui divise
L'égoïsme en devise, époque misérable
Haine collective contre rage viscérale
Une lueur dans le cœur, une larme dans l'œil
Une prière dans la tête, une vieille douleur
Une vive rancœur là où meurt le pardon
Où même la Foi prend peur, allez viens, nous partons !

Des lois faites pour le peuple et les rois tyrannisent
Confréries et business en haut de la pyramide
Ça sponsorise le sang entre chars et uzis
Innocent dans un ciel aux couleurs des usines
Un silence de deuil, une balle perdue
Toute une famille en pleurs, un enfant abattu
Des milices de l'État, des paramilitaires
Des folies cérébrales, des peuples entiers à-terre !

Bidonvilles de misères à l'entrée des palaces
Liberté volée, synonyme de paperasse
L'humanité troquée contre une vie illusoire
Entre stress du matin et angoisse du soir
Des névroses plein la tête, les nerfs rompus
Caractérisent l'homme moderne bien souvent corrompu
Et quand la ville s'endort, arrive tant de fois
Une mort silencieuse, un SDF dans le froid

Prison de ciment, derrière les œillères
Le combat est si long pour un peu de lumière
Les familles se déchirent et les pères se font rares
Les enfants ne rient plus, se bâtissent des remparts
Les mères prennent sur elles, un jeune sur trois en taule
Toute cette merde est réelle, donc on se battra encore
C'est la malatripa qui nous bouffe les tripes
Une bouteille de vodka, quelques grammes de weed

Certains ne reviennent pas, le serrage est violent
Subutex injecté dans une flaque de sang
Des enfants qui se battent, un coup de couteau en trop
Ce n'est plus à la baraque que les mômes rentrent tôt
Ils apprennent la ruse dans un verre de colère
Formatage de la rue, formatage scolaire
C'est chacun sa disquette, quand les mondes se rencontrent
C'est le choc des cultures, voire la haine de la honte !

Les barrières sont là, dans nos têtes, bien au chaud
Les plus durs craquent vite, c'est la loi du roseau
Non, rien n'est rose ici, la grisaille demeure
Dans les cœurs meurtris, qui à petit feu meurent
Ne pleure pas ma sœur car tu portes le monde
Noble est ton cœur, crois en toi et remonte
N'écoute pas les bâtards qui voudraient te voir triste
Même Terre-mère est malade, mais Terre-mère résiste !

L'Homme s'est construit son monde, apprenti créateur
Qui a tout déréglé, sanguinaire prédateur
Babylone est bien grande mais n'est rien dans le fond
Qu'une vulgaire mascarade au parfum d'illusions
Maîtresse de nos esprits crédules et naïfs
Conditionnement massif là où les nerfs sont à vif
Dans la marge c'est la rage, bastion des galériens
Ensemble, nous sommes le Monde et le système n'est rien !

Prend conscience mon frère, reste près de ton cœur
Méfie toi du système assassin et menteur
Eloigne-toi de la haine qui nous saute tous aux bras
Humanité humaine, seul l'Amour nous sauvera
Écoute le silence quand ton âme est en paix
La lumière s'y trouve, la lumière est rentrée
Vérité en nous-même, fruit de la création
N'oublie pas ton histoire, n'oublie pas ta mission

Dernière génération à pouvoir tout changer
La vie est avec nous, n'aies pas peur du danger
Alors levons nos voix pour ne plus oublier
Bout de poussière d'étoiles, qu'attends-tu pour briller ?
Tous frères et sœur, réformons la chaîne
Car nous ne sommes qu'un, divisés dans la chair
Retrouvons la joie, l'entraide, qu'on s'élève
Une lueur suffit à faire fondre les ténèbres

S'essouffle ce temps, une odeur de souffre
La fin se ressent, la bête envoûte la foule
Les symboles s'inversent, se confondent et s' obsèques
L'étoile qui fait tourner la roue se rapproche de notre ciel
Terre à l'agonie, mal-être à l'honneur
Folie, calomnie, peu de cœur à la bonne heure
Ignorance du bonheur, de la magie de la vie
Choqués par l'horreur et formés à la survie

L'époque, le pire, une part des conséquences
Le bien, le mal, aujourd'hui choisis ton camp !
L'être humain s'est perdu, trop centré sur l'Avoir
Les étoiles se concertent pour nous ramener sur la voie
Quadrillages ciselé dépasse la lumière
Aies confiance en la vie, en la force de tes rêves
Tous un ange à l'épaule, présent si tu le cherches
Quand le cœurs ne fait qu'un avec l'Esprit et le Geste !

Le Grand Jour se prépare, ne vois-tu pas les signes ?
La mort n'existe pas, c'est juste la fin d'un cycle
Cette fin se dessine, l'être humain se décime
L'espoir indigo, les Pléiades nous désignent
Lève la tête et comprend, ressent la force en ton être
Dépasse Babylone, élucide le mystère
Rien ne se tire au sort, que le Ciel te bénisse
Enfant du Quinto Sol, comprend entre les lignes.

Comprend entre les lignes,
Enfant du Quinto Sol
Le soleil est en toi
Fait briller ta lumière intérieure
Pour éclairer le chaos de leur monde
Car on est pas là par hasard
Les pléiades nous désignent
Lève ta tête...
Comprend entre les lignes
La Vie est grande comme ton Cœur
Désobéissance...
La Vérité est en nous
Car la Solution est en nous
Parce que la Vie est en nous.

Keny Arkana - Cinquième Soleil

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