Mais avant cela il faut d'abord que j'explique ma position personnelle. Je suis un pacifiste.
Ca va, arrêtez de rigoler.
Cela vous parait stupide après ce premier paragraphe ? Totalement contradictoire même ? Je ferai bien un article sur les méfaits de la pensée binaire un de ces jours.
Être pacifiste contient plusieurs significations, je ne m'arrêterai que sur la mienne : pacifiste n'a jamais voulu dire passif. Autrement dit, je préfèrerai toujours qu'une manif' soit un lieu de vie, de danse, de chants, de joie et d'amour plutôt qu'un débordement sanglant. Malheureusement quand la salope policière s'y met, elle s'y met, et ceux qui démentent avec véhémence sont souvent les derniers présents dans ces situations. Lorsqu'un flic m'agresse et m'attaque, il ne faut pas qu'il s'attende à ce que je me rende pacifiquement à lui en psalmodiant des slogans pacifistes. Ceux qui le font doivent sûrement trouver ça courageux et intelligent, pour ma part c'est juste idiot de se laisser choper et matraquer pour apparaître en martyr. On est pas des victimes putain, sinon on va pas arrêter de se comporter comme tels. Quand un flic t'attaque, barre-toi ou réponds, mais te laisse pas arrêter.
Vous seriez surpris de ce qu'on peut leur faire, aux keufs.
Quand eux aiment nous balancer leurs grenades lacrymogènes, nous on peut filer un coup de gazeuse dans les yeux d'un bacqueux qui s'approche d'un peu trop près.
Ils savent aussi bien que nous qu'un lance-patates n'a rien à envier à un flashball, sinon la portée.
Leurs barrières ne valent rien face aux poubelles, scooters, voitures, crâmées s'il le faut, ça réchauffe et ça embellit une scène.
Les flics aiment bien choper un manifestant à trois ou quatre. Ils aiment moins quand y en a quinze qui viennent le récupérer par la suite.
Pas des victimes.
Il n'empêche, il n'y a que les gros rassemblements qui peuvent permettre cette force, ainsi qu'une bonne détermination générale, sinon c'est le carton assuré. Bien souvent, c'est juste le jeu du chat et de la souris, la routine, celle que les flics et les "casseurs" apprécient tout les deux parce que ça permet de s'entraîner, tout simplement. Oui, ça en est là en France.
Mais on s'entraîne pour quoi ?
La violence donc. On accorde aux policiers le droit de tirer, gazer, humilier et tabasser entre autres, on leur accorde cela parce que tout le monde le sait, même si tout le monde se voile la face. Et tout ça, simplement parce que cette violence provient de l'Etat. En quoi serait-elle plus acceptable pour autant ?
Alors maintenant, expliquez-moi en quoi la vitrine qui vient d'être pétée, l'abribus démonté, est-il une violence comparable à la violence policière ? A la violence d'un système capitaliste qui affame les 3/4 de notre planète et enrichit les comptes du quart restant à défaut de sa population. C'est quoi, par rapport à la violence des guerres et des haines que déclenche ce même système ?
Et toi, avec ta grande gueule de citoyen bouffi de morgue, tu viens m'emmerder parce qu'y a une vitrine brisée ? Mais putain, dans quelle réalité tu vis ?
Tu préfères le dialogue à la violence peut-être ? Comme je te comprends. Mais avec qui tu veux dialoguer ? Qui nous écoute ? Qui nous écoute alors que les députés s'assurent leur régime des retraites tout en détruisant le note ? Qui nous écoute alors que certaines entreprises sont plus riches que la plupart des pays d'Afrique ? Ton dialogue est factice, il n'existe pas. L'heure est à l'individualisme et à la prise de risque, pas à la concertation ni à l'effort collectif.
La vitrine pétée, ça secoue la police, le franchouillard et libère notre frustration. C'est une attaque contre le système et c'est pour cela que les médias te gavent des casseurs depuis des jours et des jours. Faut surtout pas que tu comprennes le truc.
Et parler de violence contre quelque chose qui n'est qu'un objet, ça m'a toujours énervé. C'est le vivant qui importe.




