Lundi 25 janvier 2010 à 0:48

Je crois que l'humanité a plus à apprendre des animaux que le contraire, je crois que notre société n'a pas d'avenir ni même de présent, je crois que nous sommes capables de rendre ce monde meilleur.

Croire, c'est déjà rendre les choses possibles à soi-même.

Je crois qu'il n'y a pas de pouvoir qui soit sage.

Si l'on refoule nos croyances au plus profond de nous même sous prétexte de cynisme ou de réalisme voire pour réduire la souffrance morale que cela peut engendrer, nous courrons droit à notre perte. Ne plus croire en une autre éventualité, une autre réalité c'est ne plus pouvoir la vivre pour soi-même.
On se rend difficilement compte du pouvoir de l'individu et de sa capacité à transformer le monde par son prisme. Nos convictions, nos idéologies se superposent à notre vision brute du monde : nous sommes capables de ternir les couleurs d'un endroit qui nous déplait, nous pouvons définir les éventuels traits de caractère d'une personne selon ses habitudes vestimentaires, nous pouvons voir la beauté d'un édifice et l'horreur de son histoire.

Croire nous permet également de modifier la réalité objective : brûler un billet de banque détruit la valeur effective de l'argent à cet instant précis, attaquer en hurlant une patrouille de police détruit leur légitimité et leur force objective, organiser un pique-nique dans un supermarché avec les produits du magasin c'est détruire l'emprise de la société de consommation dans son temple. Mais pour que la transformation de la réalité soit réellement accomplie et non perçue comme une anomalie voire une hallucination, il faut absolument croire. Ni en soi, ni en ce que l'on fait, simplement croire. 

Qu'est-ce que la réalité ? Comment la définir, la palper, combien est-elle

J'utiliserai ici le néologisme de la réalités. La réalités s'appuie sur un socle que l'on peut appeler la réalité objective ou réalité brute. C'est ce que l'on perçoit en temps normal à travers nos yeux, lorsque nous sommes très petits. En grandissant, en se socialisant et en se construisant soi-même, nous ajoutons petit à petit d'autre réalités au socle initial que l'on pourrait appeler réalités de conscience, d'empirisme ou de préjugés. Et ceci jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Cependant la réalités ne se confine pas aux réalités brutes ou d'empirisme, il faut y rajouter toute la dimension spirituelle, à elle seule très vaste.
On peut parler d'une réalité mystique qui conviendrait parfaitement aux religions par exemple. Avant que l'univers rationnel ne soit plus ou moins expliqué, les religions ont proposé un modèle d'univers chimérique sans aucune "preuve matérielle tangible" de l'existence de cet autre univers, sans pour autant que ne soit contesté sa prédominance même sur l'univers rationnel tel qu'il était vécu par les individus. Qu'est-ce alors, sinon une autre facette de la réalités ?
La consommation de substances psychotropes et hallucinogènes génère également une autre forme de la réalités, en transformant la perception du monde que se fait l'individu non seulement par ses sens, mais aussi par la façon dont son cerveau va traiter les données de sa réalité brute et/ou empirique. Dans les rituels shamaniques vieux de plus de 6.000 ans, on utilisait déjà les psychotropes pour faciliter le voyage de l'âme vers des sphères de conscience plus élevées ou même des états de transe.

Un aspect non négligeable de la réalités est la perpétuelle dualité entre réalités rationnelles et réalités mystiques lorsque ces dernières sont présentes (aux dernières nouvelles, nous n'avons pas tous une religion et nous ne prenons pas tous des substances psychotropes).
Si notre réalité rationnelle ne peut  nous être enlevée puisqu'elle se construit au fur et à mesure que nous grandissons, il arrive que la réalité mystique prenne le dessus pendant un certain laps de temps sur notre réalité rationnelle, par exemple lors d'une "fièvre religieuse" ou après consommation importante de psychotropes. La perception objective de notre monde n'est plus une perception objective rationnelle mais une perception objective mystique.

Lorsque cet état est atteint pour la première fois on comprend objectivements (autre néologisme : inclut l'objectivité rationnelle et mystique) le principe de la réalités :

- La conscience de différents "plans" de la réalités.
- La capacité à se déplacer entre eux et d'en revenir à sa guise, avec ou sans aide extérieure.
- La capacité de raisonner, de traiter un évènement ou un paradoxe de façon rationnelle et mystique (si l'on peut parler de raisonnement pour le mystique... à vous de voir).
- Parfois, la capacité à accepter les "explications" rationnelles et mystiques sans chercher à en placer une plus haut que l'autre.

De fait, aborder la réalités et le meilleur moyen de croire : c'est ce qui se passe lorsque qu'on accepte les questions sans pour autant chercher les réponses, lorsque l'on vit.
Nous sommes tous capables de modifier la réalités, nous sommes assez forts pour arrêter le temps lorsque nous sommes heureux, tous ensembles, psychotropés ou non, tout simplement parce que l'on croit que cet instant sera sans fin. 

Je ne suis pas en train de vous dire que j'ai raison, ou que vous devriez faire ça. Je parle juste de ce en quoi je crois, ce qui m'apporte des moments rares, qui me fait aimer la vie chaque jour. 

Et puis je sais que si de temps à autre ma réalité rationnelle est moche, la mystique viendra effacer tous mes soucis.




Publié par ambre

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